Vague de prière pour le jeudi 2 avril 22026

Il y a 50 ans, le 30 mars 1976, six Palestiniens non armés ont été tués et plus de 100 ont été blessés par la police israélienne lors de manifestations contre la confiscation par Israël de terres palestiniennes en Galilée. C’est depuis cette date que les Palestiniens commémorent chaque année la Journée de la Terre : comme un jour à la fois de mémoire et de résistance.

Dieu des dépossédés, nous nous souvenons de tous les habitants de Palestine ainsi que des peuples autochtones du monde entier qui, tous, gardent en mémoire et refusent d’oublier la terre qui est source de leur espérance et de leur dignité. Bénis tous ceux qui persévèrent ainsi, qui plantent et qui résistent. Aide-nous à continuer de témoigner et de lutter contre toutes les confiscations et expropriations de terres. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

Israël poursuit et étend son invasion terrestre du Sud Liban. Selon les Nations Unies, plus de 1,2 million de personnes ont été déplacées au Liban, et au moins 1 238 personnes y ont été tuées.

Seigneur Dieu, tu sais ce que c’est que d’être un réfugié déplacé et persécuté par les forces de l’empire. Sois avec les millions de personnes qui ont été déplacées dans notre région, et qui n’ont aucun endroit où aller. Face à un tel mal, nous prions pour que règnent ta bonté et ta justice. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

Le parlement israélien a fait avancer jusqu’à son vote final un projet de loi visant à imposer la peine de mort aux Palestiniens reconnus coupables de terrorisme, après l’approbation de cette mesure par la commission de Sécurité nationale de la Knesset. Ce texte, proposé par le parti d’extrême droite Otzma Yehoudit (Force juive), marquerait, s’il est voté, une escalade significative de la politique pénale d’Israël. Le mois dernier, des experts de l’ONU ont exhorté Israël à retirer ce projet de loi, affirmant qu’il « violerait le droit à la vie et constituerait une discrimination à l’encontre des Palestiniens vivant dans les territoires palestiniens occupés ».

Dieu saint, nous sommes profondément attristés par une telle injustice. Aide-nous à comprendre que la peine de mort est l’un des nombreux outils dont se sert l’empire pour persécuter et détruire, et que le combat pour la libération implique le démantèlement de toutes les structures de violence. Homme de douleurs, aide-nous à témoigner de la souffrance des opprimés, même lorsqu’il est difficile de voir si tu es avec nous, « car nous marchons par la foi et non par la vue » (2 Corinthiens 5,7). Nous prions pour tous les prisonniers, et tout particulièrement pour ceux qui sont détenus en raison de leurs convictions et de ce que leur conscience leur a demandé de faire. Fortifie et réconforte leurs familles qui, toutes, aspirent à la justice. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

Kairos Palestine : Appel de Pâques 2026

APPEL DE PÂQUES 2026

Introduction

Pâques à une époque où le christianisme est menacé d’extinction en Palestine 

Samedi saint représente dans le récit des évangiles l’un des moments de plus profonde obscurité et de plus grande incertitude : c’est le temps entre la crucifixion et la résurrection. Pour nous Palestiniens, ce « samedi » s’étire sur des décennies et est marqué par d’incessantes souffrances imposées par un nettoyage ethnique qui n’a cessé de progresser, par la violence des colons, l’expansion des colonies, la confiscation des terres et l’indifférence voire la complicité pure et simple de gouvernements du monde entier. Il est clair désormais que les attaques contre les communautés chrétiennes palestiniennes, tout comme contre les villes à majorité musulmane, ne sont pas des incidents isolés. Elles s’inscrivent dans une réalité systémique plus large orchestrée par le gouvernement israélien.

Cet Appel de Pâques, qui est un cri du cœur de plus lancé par les chrétiens palestiniens, invite l’Église universelle à passer des pensées et des prières à une solidarité active. Il est aussi un message pastoral adressé à nos fidèles, à l'inébranlable peuple palestinien. Il est un message qui nous appelle à rester fermes sur notre terre, à célébrer notre identité à la fois chrétienne et palestinienne, et à protéger notre patrimoine et nos lieux saints.

Car la menace existentielle qui pèse sur la présence chrétienne palestinienne en Terre Sainte est bien réelle. Les 58 ans d’occupation de notre terre par Israël, et maintenant la prise de contrôle du nord de Gaza ainsi que l’annexion de portions toujours plus vastes de la Cisjordanie, ont accéléré l’émigration en raison des difficultés économiques, de l’insécurité, des saisies de terres et de la violence qui en découlent. En termes simples, l’espace physique et démographique dont disposent les chrétiens du pays ne cesse de se réduire.

Les réflexions qui suivent, et qui sont centrées sur les villes historiques de Taybeh, de Beit Sahour et sur Gaza-Ville, sont un message d’alerte qui dit qu’une présence chrétienne permanente en Palestine n’est plus garantie aujourd’hui.

Mais malgré notre vécu d'un Samedi saint qui n’en finit pas et de tout ce qu'il nous coûte, nous croyons que le Dimanche de Pâques arrivera. Le dimanche de la résurrection après toutes les morts que nous traversons. Notre document « Kairos Palestine II Un moment de vérité, La foi en un temps de génocide » ne se contente pas de décrire en détail l’actuelle réalité de génocide, de colonisation et de nettoyage ethnique que nous connaissons. Il proclame également notre « espérance en celui qui est le Dieu des pauvres, des opprimés et des écrasés ». Il est une affirmation de notre « foi en un Dieu saint et juste ».

Nous vous invitons à partager dans votre propre contexte les témoignages qui suivent pour le Jeudi saint, le Vendredi saint et le Samedi saint et qui reflètent, chacun à sa manière, les réalités vécues par les communautés de Taybeh, de Beit Sahour et de la ville de Gaza. Cet Appel se veut une expression vécue du document Kairos II : une foi en la résurrection qui refuse le silence face à l’injustice.

Vague de prière pour le jeudi 26 mars 2026

Les violences ne cessent de s'intensifier dans tout le Proche et le Moyen Orient. Des centaines de milliers de personnes ont été déplacées et des milliers ont été tués en Iran, au Liban, en Palestine-Israël, en Jordanie, en Irak et dans de nombreux pays du Golfe.

Christ libérateur, toi qui as cheminé aux côtés des marginalisés de ton temps, nous te prions d'ouvrir nos cœurs et nos esprits pour que nous puissions être tes témoins auprès de tous ceux qui souffrent dans notre région. Ne nous permets pas de nous habituer à la mort et aux destructions, mais appelle-nous plutôt à être des artisans de paix. Nous prions pour que ta justice et ta paix règnent partout où sévit aujourd’hui l'injustice. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

Leqaa Kordia, une Palestinienne qui figurait parmi des militants illégalement ciblés par le Service de l’immigration et des douanes des États-Unis (ICE), a finalement été libérée après un an de détention. Avec ses avocats, elle avait maintes fois dénoncé les conditions de vie insalubres et dangereuses de son centre de détention. Kordia était la dernière personne à être encore placée en détention par les services d'immigration après la répression menée par l'administration Trump en 2025 contre les manifestants pro-palestiniens sur les campus universitaires. Elle avait été arrêtée à peu près en même temps que ses camarades manifestants Mahmoud Khalil et Mohsen Mahdawi.

Dieu saint, nous te sommes reconnaissants pour la libération de Leqaa et prions pour son rétablissement et sa guérison. Nous te remettons les nombreux détenus qui souffrent encore aux mains de l'ICE, et prions pour qu'ils soient libérés. Nous prions également pour les nombreux prisonniers palestiniens qui souffrent dans les prisons du colonialisme israélien. Seigneur, aide-nous à poursuivre le bon combat et à témoigner de ton amour en nous engageant en faveur de la liberté de tous. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

La semaine dernière, les Nations Unies ont alerté sur la situation de plus en plus alarmante des enfants palestiniens qui sont confrontés à des risques grandissants de santé mentale. 96% d’entre eux pensent qu’ils vont bientôt mourir. Ces risques sont exacerbés par l'escalade de la violence, les déplacements de population et les pertes humaines. Plus d'un million d'enfants de Gaza ont un besoin urgent de soutien psychologique et psychosocial. Traumatisés par la poursuite des bombardements aériens, la présence constante de drones qui surveillent tout mouvement, et par la destruction de leurs lieux de vie, ces enfants souffrent également de la perte de leurs proches, de déscolarisation et d’isolement social. Tout ceci les expose à des risques de dépression, d'anxiété et de stress post-traumatique. Selon les rapports, les filles sont en plus exposées à des risques de violences sexuelles et sexistes.

Seigneur Dieu, nous prions pour les jeunes et les moins jeunes qui sont victimes de la brutalité des systèmes coloniaux. Nous avons du mal à saisir l'étendue des souffrances vécues à Gaza, et implorons ta justice et ta guérison qui dépassent toute compréhension humaine. Que les enfants et toute la population de Gaza soient libérés de toutes leurs blessures, tant visibles qu’invisibles. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.