Vague de prière pour le jeudi 19 février 2026

Cette année, le ramadan et le carême commencent la même semaine : le ramadan le 17 et le carême le 18 février. En Palestine, l’un comme l’autre est vécu à travers toute une série de traditions particulières voire uniques mais, comme chaque année, les croyants palestiniens, tant musulmans que chrétiens, sont confrontés à toute une série de restrictions et de barrières qui les empêchent, les uns comme les autres, de pouvoir accéder librement à leurs lieux de culte.

Ô Messie crucifié, aide-nous tout au long de ce temps de Carême à méditer ce que signifie la croix et, ce faisant, à nous accrocher à l’espoir de la résurrection, même dans un contexte d’affliction écrasante. Permets également à nos frères et sœurs musulmans de vivre un Ramadan paisible. Que leur liberté de culte et leur dignité soient respectées ! Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

La semaine dernière, le cabinet de sécurité israélien a approuvé toute une série de mesures visant à renforcer le contrôle israélien sur la Cisjordanie occupée. Parmi ces mesures figurent la levée de l'interdiction de vente de terres de Cisjordanie à des Juifs israéliens, la déclassification des registres fonciers de Cisjordanie afin de faciliter l'acquisition de terres palestiniennes, le transfert aux autorités israéliennes de la planification des constructions sur les sites religieux et d’autres lieux sensibles de la ville d'Hébron, où la situation a toujours été tendue, et l'autorisation pour Israël d'appliquer ses propres réglementations environnementales et archéologiques dans les zones administrées par les Palestiniens. Le bureau du ministre des Finances d'extrême droite Bezalel Smotrich a déclaré dans un communiqué que ces décisions permettront aux colons juifs de contraindre plus facilement les Palestiniens à céder leurs terres, ajoutant : « Nous continuerons à enterrer l'idée même d'un État palestinien ».

Dieu des opprimés, nous rejetons les décisions injustes et l'arrogance d'empire qui ont entraîné la perte de tant de vies et la destruction de tant de foyers. Aide-nous à surmonter les péchés de racisme et d'apartheid qui ont permis à de telles politiques de violence de devenir la norme. Alors que tu manifestes ta présence à ceux qui souffrent aujourd’hui en Cisjordanie, touche aussi nos cœurs afin que nous osions nous mettre en mouvement pour agir. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

La semaine dernière, la Haute Cour de justice britannique a jugé illégale la décision prise l'été dernier par le gouvernement d'interdire le groupe militant Palestine Action au prétexte qu’il était une organisation terroriste. Même si l'interdiction reste en vigueur en attendant que le gouvernement interjette appel, cette décision marque une victoire majeure pour tous les militants et défenseurs des libertés civiles. Depuis que le gouvernement avait interdit Palestine Action en qualifiant le mouvement d'organisation terroriste, plus de 3 000 personnes, dont beaucoup sont des retraités ou des personnes âgées, ont été arrêtées lors de manifestations de solidarité pour avoir brandi des pancartes soutenant Palestine Action.

Dieu saint, nous sommes reconnaissants pour les nombreux manifestants et militants qui, à l'instar de la veuve persévérante devant le juge injuste, luttent sans relâche contre l'injustice. Accorde-nous l’inspiration et le courage du Saint-Esprit pour que, tous, nous puissions suivre leur exemple comme une seule grande famille humaine, et nous joindre de manière créative et avec persévérance au grand mouvement de libération. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

Les Chrétiens et la Palestine. Déconstruire une lecture sioniste de la Bible.

Les chrétiens et la Palestine. Déconstruire une lecture sioniste de la Bible. Conférence de Danielle Vergniol, AG ADSF 20250906

Avant de commencer…

Pour aborder ce sujet difficile et délicat, je me suis avant tout replongée dans la recherche de la compréhension des mots, et l’exégèse de certains textes bibliques qui m’empêchent, personnellement, de « tomber » dans une lecture dite « sioniste » de la Bible. Je précise aussi que je trouve parfois lamentable les raccourcis qui font confondre pour certains « antisionisme » et « antisémitisme ». Dans les propos que je vais partager, il ne s’agit nullement d’être « anti » quoi que ce soit. Il s’agit plutôt de réfléchir, de revoir comment on peut se tromper, comment on peut mettre en doute la parole d’autrui, comment on doit, jour après jour, année après année, voire siècle après siècle, repenser le sens des termes que nous employons… C’est pourquoi, même si c’est superflu pour certains auditeurs/auditrices ou lectrices/lecteurs, j’ai voulu rappeler le sens et l’histoire de certains termes, pour nous permettre, si possible, de comprendre les différents courants qui ont émané de la lecture de la Bible, à différentes époques et dans différents milieux. Je ne prétends pas arriver à une conclusion, je voudrais seulement que nous puissions, par ces quelques pistes, réflexions et reprises de certains textes, approfondir notre analyse et nous permettre d’entrer en débat les uns avec les autres, et en particulier avec ceux qui, de mon point de vue, suivent aveuglément quelques versets bibliques pour défendre telle ou telle action politique, voire militaire.

Les chrétiens et la Palestine : Déconstruire une lecture sioniste de la Bible.

Exégèse du titre proposé pour cette conférence.

Le titre choisi pour notre réflexion est paradoxal… Pourquoi ? Nous allons le découvrir -j’espère- petit à petit en décortiquant les mots et les idées autour de cette thématique : à la fois « sionisme » et « lecture », « Bible », « chrétiens » et « Palestine ».

Disons d’emblée que la Bible n’est pas la propriété des chrétiens, le premier et le second testament appartiennent à l’humanité tout entière, même si à l’origine, oui, le premier testament est la Bible des Juifs, le second raconte l’histoire qui a mené au christianisme, lequel a gardé la lecture de l’ancien testament, comme on dit encore parfois.

Ma vision de Jérusalem.

J’ai fait de nombreux séjours en Israël-Palestine, le plus long mais surtout le plus vivant a été mon engagement à l’appel du Conseil Œcuménique des Églises, dans le cadre du « Programme d’accompagnement œcuménique en Palestine et Israël » (EAPPI) à Hébron pendant trois mois. Cela m’a permis une immersion dans la vie quotidienne mais également une lecture-relecture quotidienne des Écritures. Un psaume en particulier m’a accompagnée, le psaume 24 tel qu’on le chantait dans l’Église réformée de France : « La terre au Seigneur appartient, La terre et tout ce qu’elle contient ». Ceci pour dire que, quelle que soit la beauté de Jérusalem et de ses vestiges, malgré tous les enjeux auxquels elle a à faire face, elle n’est qu’une ville qui a eu ses heures de gloire dont on peut -on doit ?- se souvenir avec humilité, passion ou tristesse, mais pas davantage, si l’on croit que Christ est ressuscité et qu’il a envoyé ses disciples prêcher jusqu’aux extrémités de la terre.

Rappel des origines du sionisme

Sionisme chrétien : c’est un terme relativement nouveau en français. Pour les personnes un peu éloignées de la pratique religieuse quelle qu’elle soit, le terme de « sionisme chrétien » n’évoque pas grand-chose, voire rien du tout. En revanche, ces personnes ont peut-être entendu le terme « zionism » en anglais… Cela s’explique par les origines du sionisme sur lesquelles je vous propose de revenir un instant.

« Sionisme » : le terme apparaît au XIXème siècle avec le travail de Theodor Herzl, considéré comme le père du sionisme politique, même si la tendance existait bien avant. Qui est-il ? Ce qu’on pourrait appeler un « juif intégré », pas religieux, au point d’envisager, dans ses réflexions, la conversion des juifs au christianisme et même de considérer l’idée d’un « retour » en Palestine comme un mythe ridicule. Ce n’est qu’après l’affaire Dreyfus (alors journaliste, il était correspondant en France du quotidien viennois Neue Freie Presse), qu’il prend conscience -en quelque sorte- que l’unique solution aux problèmes d’émancipation du peuple juif et de l’antisémitisme est la création d’un État indépendant. En 1896, il publie un ouvrage rassemblant ses idées : « Der Judenstaat » (L’État Juif), puis il publie Altneuland (Vieille Terre Nouvelle) et devient alors contre toute attente un des principaux leaders sionistes de la fin du XIXème siècle.

Au début, le sionisme ne vise pas forcément la Palestine comme terre de « retour » des Juifs dispersés dans le monde. Plusieurs lieux ont été envisagés : l’Argentine, l’Ouganda, Madagascar… Signe que le sionisme du XIXème siècle est bien politique avant d’être religieux. Que le terme évoque une des sept collines de la Jérusalem terrestre, et en soit même arrivé à désigner Jérusalem, cela reste secondaire pour bien des Juifs, qui n’ont pas forcément envie de quitter l’environnement dans lequel ils vivent ici ou là depuis plusieurs générations, bien loin de la terre de leurs ancêtres. On dit même que pas mal d’entre eux ont finalement préféré émigrer aux États-Unis plutôt qu’en Palestine…

En fait, ce serait des chrétiens qui auraient d’abord salué et approuvé l’initiative sioniste pour des raisons basées sur une lecture des textes bibliques courante chez les évangéliques et remontant jusqu’au moyen-âge… J’y reviendrai et je vous proposerai quelques lectures bibliques, pour l’instant disons seulement que très anciennement, des chrétiens ont sélectionné les versets bibliques qui mettaient en avant la nécessité du retour de tous les Juifs vers Jérusalem et la Palestine, condition sine qua non du retour annoncé du Christ et Messie Jésus sur notre terre.

Palestine

« Palestine » désigne ce qu’on appelait le pays de Canaan, dans lequel se trouvaient les royaumes d’Israël et de Juda. Ce n’est pas avant le 5ème siècle avant Jésus-Christ qu’on trouve le nom de « Palestine » dans un document écrit, les Histoires d’Hérodote (historien grec). C’est après lui que le terme « Palestine » fut utilisé pour désigner l’ensemble de la région anciennement connue sous le nom de Canaan.

D’où vient le nom ? Les origines du mot Palestine ont été discutées depuis longtemps sans qu’aucune certitude n’en soit sortie… Le nom serait dérivé d’un mot égyptien et hébreu peleshet, qu’on peut traduire par « roulant » ou « migratoire », et qui renvoie aux Philistins, qui ont conquis au 12ème siècle avant notre ère la plaine côtière méditerranéenne qui est aujourd’hui Israël et Gaza. Il y a aussi un dieu nommé Palès qui pourrait être une origine, mais nous ne nous attarderons pas là-dessus aujourd’hui. Retenons simplement que, d’après les archéologues, la région de Palestine est l’un des plus anciens sites d’habitation humaine au monde, environ 10 000 ans avant JC. Et il faudra relire les livres de Josué et peut-être des Nombres pour entendre parler de la conquête de Canaan par le peuple d’Israël (vers 1250-1200 avant JC).

Vague de prière pour le jeudi 12 février 2026

L’administration Trump a récemment imposé des sanctions pour « terrorisme » à Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale des Nations Unies pour la Palestine, et ce malgré son immunité diplomatique. Cette décision fait suite à un rapport de l’ONU dans lequel Mme Albanese désignait plusieurs entreprises privées américaines comme ayant contribué à de graves violations des droits humains dans la bande de Gaza et en Cisjordanie et exhortait la Cour pénale internationale à enquêter. Son rapport et ses lettres ont tellement alarmé les entreprises américaines que deux d’entre elles au moins ont sollicité l’aide de la Maison-Blanche. Outre Mme Albanese, l’administration Trump a déjà sanctionné l’année dernière huit juges et trois procureurs de la Cour pénale internationale.

Dieu des opprimés, nous te remercions pour la voix courageuse et prophétique de Francesca Albanese, qui a contribué à révéler au monde l'imbrication des structures d'oppression. Sois avec Francesca et tous les défenseurs des droits humains et tous les militants qui refusent de renoncer à la justice et à la responsabilisation. Donne-nous à tous le même courage de dire la vérité et de lutter contre l'injustice. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

La semaine dernière, les forces israéliennes ont arrêté deux journalistes, deux militants de la solidarité internationale et Rateb al-Jbour, un militant palestinien anti-colonisation, dans le quartier de Rujum al-Aala à Masafer Yatta, au sud d'Hébron, alors qu'ils filmaient une agression perpétrée par des colons illégaux. Des habitants ont signalé une intensification des attaques ces derniers jours, attaques qui ont fait des blessés parmi les femmes et les enfants, endommagé des habitations et des biens, détruit des récoltes et empêché des familles d'accéder à leurs terres agricoles et à leurs pâturages.

Christ Rédempteur, nous nous souvenons de ton arrestation, des moqueries et des mauvais traitements que tu as subis pour avoir dénoncé les abus de pouvoir et pour avoir osé affronter l'empire de ton époque. Assure à tous ceux qui résistent à la brutalité de l'occupation et aux violences des colons en Cisjordanie que tu les vois et que tu les délivreras de l’oppression. Face à une telle violence, donne-nous la force de poursuivre le combat en faveur de ce qui est bien et juste. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

Les États-Unis ont discrètement expulsé vers la Cisjordanie occupée, à bord d'un jet privé appartenant à un magnat israélo-américain de l'immobilier, des Palestiniens qui avaient été arrêtés par leur police de l’immigration (ICE : Immigration and Customs Enforcement / Service de l’immigration et des douanes). Deux vols de ce type ont eu lieu depuis le début de l'année en coordination avec les autorités israéliennes. Le 20 janvier, huit Palestiniens enchaînés aux poignets et aux chevilles durant tout le trajet ont ainsi été transportés par avion depuis un centre de détention de l'ICE à Phoenix, dans l’Arizona. À leur arrivée à l'aéroport Ben Gourion de Tel Aviv, ils ont été mis dans un véhicule avec un policier israélien armé, puis relâchés à un poste de contrôle militaire près de la ville palestinienne de Ni'lin, en Cisjordanie.

Dieu de bonté, nous sommes accablés par les agissements des empires. Sois avec tous ceux qui sont détenus et maltraités par ce système injuste, et accorde-leur ta guérison et ta protection. Face à ces péchés systémiques, aide-nous à lutter avec créativité et persévérance en faveur de tous les opprimés. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.