Vague de prière pour le jeudi 9 avril 2026

Ce 5 avril était jour de Pâques pour les Églises qui suivent le calendrier occidental, et dimanche des Rameaux pour celles qui suivent le calendrier oriental. La plupart des chrétiens palestiniens célèbrent Pâques selon le calendrier oriental et Noël selon le calendrier occidental, et c’est pour eux un signe d'unité. À Jérusalem cependant, et aussi à Bethléem et à Nazareth, les dates ne sont pas toujours les mêmes. Quant à la Semaine sainte, elle permet habituellement, en Palestine-Israël, de revivre de riches traditions, mais cette année toutes les célébrations ont été fortement réduites car l'accès à l'église du Saint-Sépulcre est contrôlé, le droit de se déplacer est restreint pour les chrétiens palestiniens de Cisjordanie, et les déplacements forcés de population actuellement en cours dans la bande de Gaza ont contraint de nombreux chrétiens à réduire leurs pratiques habituelles.

Ô Christ Rédempteur, l’espérance de la résurrection vit avec force dans nos cœurs, même si nous ne pouvons la célébrer dans nos rues. Rappelle-nous, dans ce monde de violence et de désespoir qui est le nôtre, que le tombeau est vide et que tu t’es élevé au-dessus des ruines pour être avec nous. Aide-nous à témoigner chaque jour de Ta victoire, et à nous lever avec Toi. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

Cela fait plus d’un an que le docteur Hussam Abu Safiya, médecin de Gaza et ancien directeur de l'hôpital Kamal Adwan dans le nord de Gaza, est détenu illégalement par les forces israéliennes. Dans une récente déclaration, des experts de l'ONU ont déclaré avoir reçu des informations selon lesquelles l'état de santé du docteur Abu Safiya « demeure critique » et qu'il continue à être victime d’actes de torture et de traitements cruels. Une campagne internationale pour exiger sa libération est en cours.

Jésus, toi aussi comme tant de Palestiniens, tu as été injustement torturé et humilié. Assure le Dr Hussam et tous ceux qui connaissent le même sort que toi, tu les vois. Rappelle-nous qu'opprimer et torturer ceux qui sont faibles, c'est renier sa propre humanité. Nous prions pour une véritable justice, et pour la liberté et la libération du Dr Hussam et de tous les Palestiniens qui sont emprisonnés sans inculpation ni procès. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

La semaine dernière, d'importants effectifs de police et de forces de l'ordre ont investi le quartier de Baten Al-Hawa à Silwan, dans Jérusalem-Est, pour vider de leurs habitants deux immeubles appartenant à deux familles palestiniennes. 65 personnes ont ainsi été mises à la rue. Et ce n’est pas une première : 37 familles, soit des centaines de personnes, ont déjà été expulsées de leurs maisons à Silwan et remplacées par des colons. Au cours des deux dernières années, sept maisons ont ainsi été occupées, et au moins quatre procédures d'expulsion contre les habitants d’au moins douze logements sont en cours. Des dizaines de familles et des centaines d'habitants seront les victimes de ces mesures. Voilà la triste réalité de Silwan et des quartiers palestiniens proches de la Vieille Ville de Jérusalem.

Dieu saint, nous pleurons sur Jérusalem, une ville qui est devenue un lieu de haine et de péché. Et nous prions pour qu’advienne enfin une véritable justice et la délivrance pour les nombreuses familles qui, une fois de plus, sont contraintes de devenir des réfugiés. Aide-nous à assumer nos responsabilités de témoins face à une telle injustice, en résistant aux empires qui abusent de leur pouvoir. Seigneur, ramène les puissants à la raison, et donne-nous de la sagesse quand nous nous battons en faveur de la justice. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

Réponse de l'EPUDF et de l'UEPAL aux documents Kairos Palestine de 2009 et 2025, 30 mars 2026

 

Réponse de l’EPUdF et de l’UEPAL aux textes « Kairos Palestine »

Fin mars 2026, l'EPUdF et l'UEPAL ont répondu par une lettre commune, aux deux documents "Kairos Palestine".

La situation en Israël-Palestine est dramatique et nombreuses sont les Églises, les œuvres ou associations chrétiennes, les personnes qui y portent une attention forte et s’engagent dans des actions de solidarité. Des Palestiniens chrétiens ont rédigé deux documents, « Kairos Palestine », en décembre 2009 et en novembre 2025, et ont invité les Églises à y répondre. Fin mars 2026, la présidente de l’UEPAL et le président du Conseil national de l’EPUdF ont répondu par une lettre commune, que vous pouvez lire ci-dessous :

Kairos-2009-et-2025.-Reponse-EPUdF-UEPAL.pdf 

Déclaration de l'UEPAL, 1er avril 2026

 A nos frères et soeurs du Proche et Moyen Orient : 

Déclaration de l'UEPAL du 1er avril 2026

 À nos frères et sœurs du Proche et Moyen-Orient - Uepal 

Chers frères et sœurs,

En pleine semaine sainte, la situation internationale tourne plus que jamais nos regards et nos pensées vers vous.

Une fois encore, le Proche et Moyen-Orient sont le terrain de jeu de puissances qui justifient l’usage de la force pour imposer leur vision du monde au mépris du droit international.

Nous prions pour les peuples qui espèrent la fin de l’oppression.

Nous prions pour les familles qui doivent quitter leur terre pour échapper au pire.

Nous prions pour tous les gouvernants qui s’égarent, ivres de pouvoir et de vengeance, prenant en otage leur propre population.

Nous prions pour toutes les communautés chrétiennes de Palestine, d’Israël, d’Iran, d’Irak, de Syrie et du Liban.

Nous refusons et dénonçons l’instrumentalisation de la foi pour justifier la violence.

Au moment d’entrer dans sa passion, Jésus exhorte ses disciples : « Restez éveillés et priez pour pouvoir résister quand l’esprit du mal vous tentera. »

Merci à l’Action Chrétienne en Orient qui maintient le lien entre nous, au quotidien, à travers les informations partagées et les actions de solidarité.

Recevez nos plus cordiales salutations, tout notre soutien et nos fidèles prières.

Strasbourg, le 1er avril 2026
Pour l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine
Isabelle Gerber, présidente

Déclaration de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine

La guerre enclenchée par les gouvernements des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, ainsi que celle menée par l’État d’Israël au Liban, confirment que nous sommes entrés dans une nouvelle ère où le droit international est disqualifié. Au lieu de s’appuyer sur les instances internationales et le travail des diplomates, les dirigeants actuels ont fait le choix des armes, précipitant des millions d’hommes, de femmes et d’enfants sur les routes de l’exil, les exposant à la famine, au manque de soins, au dénuement et à la mort, avec des conséquences humaines et écologiques considérables.

Nous dénonçons l’instrumentalisation de la religion pour faire de l’autre un ennemi, justifier l’oppression et la guerre, alors que le Christ est venu témoigner d’un Dieu d’amour.

Dans le fracas et le chaos du monde, nous proposons un autre récit que celui de la haine, de la violence et de la division. Enfants d’un même Père, nous cherchons avec les autres, à faire grandir la justice et la paix.

Au temps de sa passion, avant d’être livré, Jésus a exhorté ses disciples : « Restez éveillés et priez pour pouvoir résister… » (Matthieu 26,41). Au Proche et au Moyen-Orient, les différentes Églises chrétiennes dénoncent l’inacceptable, continuent à croire et à espérer et viennent au secours des déplacés. Nous les assurons de notre prière et de notre solidarité.

Le Conseil de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine

 

Vague de prière pour le jeudi 2 avril 22026

Il y a 50 ans, le 30 mars 1976, six Palestiniens non armés ont été tués et plus de 100 ont été blessés par la police israélienne lors de manifestations contre la confiscation par Israël de terres palestiniennes en Galilée. C’est depuis cette date que les Palestiniens commémorent chaque année la Journée de la Terre : comme un jour à la fois de mémoire et de résistance.

Dieu des dépossédés, nous nous souvenons de tous les habitants de Palestine ainsi que des peuples autochtones du monde entier qui, tous, gardent en mémoire et refusent d’oublier la terre qui est source de leur espérance et de leur dignité. Bénis tous ceux qui persévèrent ainsi, qui plantent et qui résistent. Aide-nous à continuer de témoigner et de lutter contre toutes les confiscations et expropriations de terres. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

Israël poursuit et étend son invasion terrestre du Sud Liban. Selon les Nations Unies, plus de 1,2 million de personnes ont été déplacées au Liban, et au moins 1 238 personnes y ont été tuées.

Seigneur Dieu, tu sais ce que c’est que d’être un réfugié déplacé et persécuté par les forces de l’empire. Sois avec les millions de personnes qui ont été déplacées dans notre région, et qui n’ont aucun endroit où aller. Face à un tel mal, nous prions pour que règnent ta bonté et ta justice. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

Le parlement israélien a fait avancer jusqu’à son vote final un projet de loi visant à imposer la peine de mort aux Palestiniens reconnus coupables de terrorisme, après l’approbation de cette mesure par la commission de Sécurité nationale de la Knesset. Ce texte, proposé par le parti d’extrême droite Otzma Yehoudit (Force juive), marquerait, s’il est voté, une escalade significative de la politique pénale d’Israël. Le mois dernier, des experts de l’ONU ont exhorté Israël à retirer ce projet de loi, affirmant qu’il « violerait le droit à la vie et constituerait une discrimination à l’encontre des Palestiniens vivant dans les territoires palestiniens occupés ».

Dieu saint, nous sommes profondément attristés par une telle injustice. Aide-nous à comprendre que la peine de mort est l’un des nombreux outils dont se sert l’empire pour persécuter et détruire, et que le combat pour la libération implique le démantèlement de toutes les structures de violence. Homme de douleurs, aide-nous à témoigner de la souffrance des opprimés, même lorsqu’il est difficile de voir si tu es avec nous, « car nous marchons par la foi et non par la vue » (2 Corinthiens 5,7). Nous prions pour tous les prisonniers, et tout particulièrement pour ceux qui sont détenus en raison de leurs convictions et de ce que leur conscience leur a demandé de faire. Fortifie et réconforte leurs familles qui, toutes, aspirent à la justice. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

Kairos Palestine : Appel de Pâques 2026

APPEL DE PÂQUES 2026

Introduction

Pâques à une époque où le christianisme est menacé d’extinction en Palestine 

Samedi saint représente dans le récit des évangiles l’un des moments de plus profonde obscurité et de plus grande incertitude : c’est le temps entre la crucifixion et la résurrection. Pour nous Palestiniens, ce « samedi » s’étire sur des décennies et est marqué par d’incessantes souffrances imposées par un nettoyage ethnique qui n’a cessé de progresser, par la violence des colons, l’expansion des colonies, la confiscation des terres et l’indifférence voire la complicité pure et simple de gouvernements du monde entier. Il est clair désormais que les attaques contre les communautés chrétiennes palestiniennes, tout comme contre les villes à majorité musulmane, ne sont pas des incidents isolés. Elles s’inscrivent dans une réalité systémique plus large orchestrée par le gouvernement israélien.

Cet Appel de Pâques, qui est un cri du cœur de plus lancé par les chrétiens palestiniens, invite l’Église universelle à passer des pensées et des prières à une solidarité active. Il est aussi un message pastoral adressé à nos fidèles, à l'inébranlable peuple palestinien. Il est un message qui nous appelle à rester fermes sur notre terre, à célébrer notre identité à la fois chrétienne et palestinienne, et à protéger notre patrimoine et nos lieux saints.

Car la menace existentielle qui pèse sur la présence chrétienne palestinienne en Terre Sainte est bien réelle. Les 58 ans d’occupation de notre terre par Israël, et maintenant la prise de contrôle du nord de Gaza ainsi que l’annexion de portions toujours plus vastes de la Cisjordanie, ont accéléré l’émigration en raison des difficultés économiques, de l’insécurité, des saisies de terres et de la violence qui en découlent. En termes simples, l’espace physique et démographique dont disposent les chrétiens du pays ne cesse de se réduire.

Les réflexions qui suivent, et qui sont centrées sur les villes historiques de Taybeh, de Beit Sahour et sur Gaza-Ville, sont un message d’alerte qui dit qu’une présence chrétienne permanente en Palestine n’est plus garantie aujourd’hui.

Mais malgré notre vécu d'un Samedi saint qui n’en finit pas et de tout ce qu'il nous coûte, nous croyons que le Dimanche de Pâques arrivera. Le dimanche de la résurrection après toutes les morts que nous traversons. Notre document « Kairos Palestine II Un moment de vérité, La foi en un temps de génocide » ne se contente pas de décrire en détail l’actuelle réalité de génocide, de colonisation et de nettoyage ethnique que nous connaissons. Il proclame également notre « espérance en celui qui est le Dieu des pauvres, des opprimés et des écrasés ». Il est une affirmation de notre « foi en un Dieu saint et juste ».

Nous vous invitons à partager dans votre propre contexte les témoignages qui suivent pour le Jeudi saint, le Vendredi saint et le Samedi saint et qui reflètent, chacun à sa manière, les réalités vécues par les communautés de Taybeh, de Beit Sahour et de la ville de Gaza. Cet Appel se veut une expression vécue du document Kairos II : une foi en la résurrection qui refuse le silence face à l’injustice.

Vague de prière pour le jeudi 26 mars 2026

Les violences ne cessent de s'intensifier dans tout le Proche et le Moyen Orient. Des centaines de milliers de personnes ont été déplacées et des milliers ont été tués en Iran, au Liban, en Palestine-Israël, en Jordanie, en Irak et dans de nombreux pays du Golfe.

Christ libérateur, toi qui as cheminé aux côtés des marginalisés de ton temps, nous te prions d'ouvrir nos cœurs et nos esprits pour que nous puissions être tes témoins auprès de tous ceux qui souffrent dans notre région. Ne nous permets pas de nous habituer à la mort et aux destructions, mais appelle-nous plutôt à être des artisans de paix. Nous prions pour que ta justice et ta paix règnent partout où sévit aujourd’hui l'injustice. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

Leqaa Kordia, une Palestinienne qui figurait parmi des militants illégalement ciblés par le Service de l’immigration et des douanes des États-Unis (ICE), a finalement été libérée après un an de détention. Avec ses avocats, elle avait maintes fois dénoncé les conditions de vie insalubres et dangereuses de son centre de détention. Kordia était la dernière personne à être encore placée en détention par les services d'immigration après la répression menée par l'administration Trump en 2025 contre les manifestants pro-palestiniens sur les campus universitaires. Elle avait été arrêtée à peu près en même temps que ses camarades manifestants Mahmoud Khalil et Mohsen Mahdawi.

Dieu saint, nous te sommes reconnaissants pour la libération de Leqaa et prions pour son rétablissement et sa guérison. Nous te remettons les nombreux détenus qui souffrent encore aux mains de l'ICE, et prions pour qu'ils soient libérés. Nous prions également pour les nombreux prisonniers palestiniens qui souffrent dans les prisons du colonialisme israélien. Seigneur, aide-nous à poursuivre le bon combat et à témoigner de ton amour en nous engageant en faveur de la liberté de tous. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

La semaine dernière, les Nations Unies ont alerté sur la situation de plus en plus alarmante des enfants palestiniens qui sont confrontés à des risques grandissants de santé mentale. 96% d’entre eux pensent qu’ils vont bientôt mourir. Ces risques sont exacerbés par l'escalade de la violence, les déplacements de population et les pertes humaines. Plus d'un million d'enfants de Gaza ont un besoin urgent de soutien psychologique et psychosocial. Traumatisés par la poursuite des bombardements aériens, la présence constante de drones qui surveillent tout mouvement, et par la destruction de leurs lieux de vie, ces enfants souffrent également de la perte de leurs proches, de déscolarisation et d’isolement social. Tout ceci les expose à des risques de dépression, d'anxiété et de stress post-traumatique. Selon les rapports, les filles sont en plus exposées à des risques de violences sexuelles et sexistes.

Seigneur Dieu, nous prions pour les jeunes et les moins jeunes qui sont victimes de la brutalité des systèmes coloniaux. Nous avons du mal à saisir l'étendue des souffrances vécues à Gaza, et implorons ta justice et ta guérison qui dépassent toute compréhension humaine. Que les enfants et toute la population de Gaza soient libérés de toutes leurs blessures, tant visibles qu’invisibles. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

Vague de prière pour le jeudi 19 mars 2026

Samedi dernier, Sabeel a organisé une célébration interreligieuse qui a réuni des voix juives, musulmanes et chrétiennes de Terre sainte et d’ailleurs. Ce temps de célébration a été un moment de réflexion et de prière auquel participaient plus de 220 personnes du monde entier, qui ont renouvelé leur engagement en faveur d’une paix enracinée dans la justice. Sabeel Jérusalem a publié à cette occasion une déclaration en réponse à la guerre qui se poursuit et qui ne cesse de s’intensifier dans toute la région. Vous la trouverez sur son site internet.

Dieu saint, en ce temps de désespoir, nous te remercions pour la magnifique présence de ton Esprit Saint que nous avons pu vivre dans ce rassemblement communautaire de prière et d’espérance. Continue à nous unir ainsi comme un vaste mouvement de libération, un mouvement fraternel et ouvert, qui veut agir à l’échelon du monde entier. Seigneur, aide-nous à vivre l’amour et la solidarité d’une manière qui puisse mettre un terme à la violence des empires. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

Le nombre de personnes qui ont dû être déplacées à l’intérieur du Liban a dépassé les 700 000 alors qu’Israël continue à bombarde des quartiers et des villes du Liban. De nombreuses familles déplacées qui n’ont pu trouver un abri dans les écoles ont transformé leur voiture en abri de fortune, et l’ont recouverte d’une bâche pour se protéger de la pluie. Dans l’ensemble du Moyen-Orient, au moins 2 000 personnes ont été tuées depuis que les États-Unis et Israël ont attaqué l’Iran le 28 février.

Dieu des opprimés, tu sais bien ce que c’est que de chercher un refuge loin de la violence et de la puissance des empires. S’il te plaît, protège tous ceux qui sont victimes de déplacements forcés et qui sont confrontés aux tortures et à la mort. Que les opprimés sachent que tu les aimes, car « Le Seigneur ton Dieu ne te délaissera pas, il ne t’abandonnera pas » nous disent les Écritures (Deutéronome 31,6). Nous prions pour que, tous, nous soyons délivrés du joug de l’oppression. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

Déclaration de Sabeel, mars 2026

Déclaration du Centre œcuménique de Théologie de la Libération Sabeel

Jérusalem, mars 2026 

 

« Martelant leurs épées, ils en feront des socs… on ne brandira plus l’épée nation contre nation, on n’apprendra plus à se battre. » – Ésaïe 2.4 

Nous, le Centre œcuménique de théologie de la libération Sabeel, nous nous adressons à vous depuis Jérusalem, une ville qui subit l'occupation et les ravages de la guerre depuis des générations. Nous prenons la parole comme chrétiens palestiniens qui croient sans réserve que la violence n'est jamais une solution. En dépit de toutes ses imperfections, c’est le droit international qui demeure le seul cadre que l'humanité ait réussi à bâtir pour protéger les faibles contre les forts. Nous aspirons à des gouvernements qui respectent ce droit et qui s’engagent pour le respecter, et ne le considèrent pas comme une simple commodité.

Nous ne nous faisons pas la moindre illusion sur le monde dans lequel nous vivons : un monde de dirigeants corrompus et avides de pouvoir qui gouvernent en instrumentalisant la haine et la peur, que ce soit à Téhéran ou à Tel-Aviv, à Washington ou à Riyad, à Ramallah ou ailleurs encore. Nous publions cette déclaration pour condamner la guerre illégale, et qui aurait pu être évitée, que les États-Unis et Israël mènent contre l’Iran, et pour appeler les peuples de cette région et ceux du monde entier à adopter un regard vers des horizons plus nobles.

En tant que Sabeel, nous appelons par leur nom les réalités suivantes :

1.  Un pacte rompu. Quelques heures seulement avant que ne tombent les premières bombes le 28 février 2026, le ministre des Affaires étrangères d'Oman annonçait une avancée majeure : l'Iran avait accepté une vérification complète par l'Agence internationale de l'énergie atomique et s'était engagé à ne jamais constituer de stocks d'uranium enrichi. La paix était à portée de main. Mais les frappes ont eu lieu quand même. On ne peut appeler cela une stratégie. C’est la destruction délibérée de toute diplomatie. Nous l’appelons pour ce qu’elle est : un échec moral aux proportions historiques.

2.  Une guerre illégale. Ces attaques ont violé la Charte des Nations Unies, qui interdit le recours à la force contre un autre État sans autorisation du Conseil de sécurité ou sans motif de légitime défense. L'Iran n'attaquait aucun des deux États. Aux États-Unis, la guerre n'a pas non plus été autorisée par le Congrès. Il faut que les lois qui protègent les faibles s'appliquent à tous sans distinction. Lorsque de grandes puissances se placent au-dessus de la loi, le message adressé à tout oppresseur en herbe est clair : la force est la seule loi qui compte. Nous rejetons cela avec toute la force de notre foi.

3.  L'image de Dieu a été profanée. Des enfants tués lors de frappes contre des écoles. Des patients tués dans des hôpitaux. Chaque vie fauchée est une profanation de l'image de Dieu. Les chrétiens palestiniens n'ont pas besoin qu'on leur explique à quoi cela peut ressembler que de voir des enfants sous les décombres, car nous avons vécu cela à Gaza. Toute idéologie ou théologie qui nie la présence de Dieu en toute créature vivante doit être combattue et éradiquée.

4.  La guerre comme source de profit. La théologie de la libération nous invite à nous poser des questions sur les bénéficiaires. Les 100 premières heures de la guerre ont coûté environ 3,7 milliards de dollars. Les actions des fabricants d'armes ont grimpé en flèche. Le prix du pétrole a dépassé les 100 dollars le baril, ruinant les nations les plus pauvres du monde qui n’ont pas été consultées dans ce conflit. Les pauvres paient de leur sang et de leur pain tandis que les riches comptent les profits qu’ils en tirent. Nous dénonçons ce péché structurel de colonialisme qui a engendré des économies fondées sur la seule exploitation et la mort organisée des populations du Sud global.

5.  Une histoire de catastrophes. La guerre en Irak en 2003 a été présentée comme une guerre de libération, mais elle a détruit l'une des plus anciennes communautés chrétiennes du monde et réduit le nombre de ses membres de 1,5 million à moins de 300 000. La révolution iranienne de son côté était en partie une réaction au coup d'État de 1953 soutenu par la CIA. Les fruits des interventions militaires occidentales dans cette région du monde ont été, et avec une terrible constance, le chaos, les extrémismes et la disparition des communautés les plus anciennes. Nous en vivons les conséquences. Vous ne pourrez pas instaurer un Moyen-Orient stable par la force de vos bombes.

6.  L’Église vidée de ses ressources. Chaque intervention militaire occidentale majeure a été suivie de persécutions contre les chrétiens du Moyen-Orient. Lorsque des États s’effondrent, ce sont des extrémismes qui comblent le vide, et les minorités sont les premières à en payer le prix. Les chrétiens occidentaux qui donnent leur bénédiction à des présidents qui déclenchent ces guerres doivent prendre conscience de ce pour quoi ils prient : la destruction de leurs propres frères et sœurs qui vivent sur la terre où Jésus lui-même a marché. L’Église d’ici a besoin que l’Occident écoute et s’arrête et, comme l’a déclaré Kairos Palestine, qu’il « reconsidère des théologies qui soutiennent la guerre, l’occupation et l’injustice ».

7.  Deux théologies. Cette guerre révèle une cassure et un affrontement profond entre une théologie de la domination modelée sur un pouvoir de style colonial et une théologie palestinienne de la libération qui est enracinée dans la figure du Serviteur souffrant et inspirée par un Christ exécuté par les forces de l'empire. Sabeel se range du côté de la croix, non du côté des missiles. Nous appelons chaque Église qui est restée silencieuse à se demander : « Quelle théologie vivons-nous nous-mêmes ? ».

Vague de prière pour le jeudi 12 mars 2026

Le conflit au Proche Orient s'est encore étendu et intensifié la semaine dernière. Les attaques israéliennes contre le Sud Liban et Beyrouth ont forcé plus de 300 000 personnes à fuir et en ont tué plus de 200. En Iran, les frappes américano-israéliennes ont ciblé cinq dépôts stratégiques de carburant dans la capitale Téhéran, provoquant un écocide et un désastre environnemental. Plus de 9 millions de personnes ont alors été exposées à des produits chimiques toxiques et à des retombées chimiques suite à d’énormes incendies. Plus de 1 000 civils iraniens ont été tués par les frappes américano-israéliennes, et 10 civils israéliens ont été tués par les frappes iraniennes.

Dieu saint, nous partageons le désespoir du psalmiste : « Pourquoi, Seigneur, rester éloigné et te cacher dans les temps de détresse ? » (Psaume 10,1). Et comme lui, nous continuons à croire que « Tu exauces le désir des humbles, tu rassures leur cœur, tu prêtes une oreille attentive pour faire droit à l’orphelin et à l’opprimé, et on ne continuera plus à terroriser l’homme issu de la terre » (Psaume 10,17-18). Nous t’implorons, Seigneur, pour un cessez-le-feu immédiat. Délivre-nous du joug de l’oppression. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

Le 8 mars était la Journée internationale des femmes. En Palestine, le vécu des femmes est indissociable du contexte global de la lutte palestinienne pour la libération, et de la résistance contre des violences coloniales qui perdurent. On estime à plus de 28 000 le nombre de femmes et de filles palestiniennes à avoir été tuées par Israël à Gaza, et à plus de 78 000 celui des femmes et des filles à y avoir été blessées. Ce sont les femmes également qui portent la plus large part du fardeau de la prise en charge d'une communauté endeuillée. Et alors que la guerre s'intensifie dans notre région, ce sont elles encore qui en subissent les conséquences les plus graves, subissant des formes multiples de violence, celles d’un système patriarcal conjuguées à celles d’un oppresseur extérieur.

Dieu de Marie, nous prions pour toutes les femmes, et plus particulièrement pour les femmes palestiniennes qui sont victimes de multiples formes de violence et de déshumanisation, perpétrées à la fois par leur propre société et par l'occupation militaire qui est imposée à tous. Libère-les de l’oppression qu’elles subissent, donne-leur des moyens d'agir, et aide-nous tous à incarner leur soumoud (résilience) et leur courage là où nous passons à l’action pour démanteler toutes les structures d'inégalité et de violence qui existent dans notre monde. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

Des extrémistes juifs israéliens installés en Cisjordanie occupée ont profité de la diversion due à la guerre entre Israël et l’Iran pour intensifier leurs attaques et leurs actes de violence contre les communautés palestiniennes de Cisjordanie. Depuis le début des hostilités avec l'Iran, des colons israéliens y ont tué huit personnes.

Dieu de justice, tu connais l'étendue des souffrances endurées par nos frères et sœurs en Cisjordanie et à Gaza. Nous te demandons d’intervenir pour mettre fin à ce cycle de violence et de haine engendré par le colonialisme de peuplement. Donne-nous le courage d'être des agents de ta bonté et de ta lumière en poursuivant notre combat pour la justice et l’obligation de rendre compte des actes que l’on a commis. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

Vague de prière pour le jeudi 5 mars 2026

Israël et les États-Unis ont lancé une offensive militaire contre l'Iran samedi dernier, 28 février. Une des frappes au moins a tué 85 enfants dans une école primaire iranienne. L'Iran a riposté par des frappes contre des bases et des installations militaires américaines dans toute la région. Tous vivent dans la crainte d'une escalade vers un conflit régional, et le nombre de morts et de blessés ne cesse d’augmenter.

Dieu de justice, nous prions pour que la violence, les destructions et la peur auxquelles nous sommes confrontés prennent fin. En ces temps difficiles, nous faisons nôtre ce cri du psalmiste : « Pour combien de temps, Seigneur, ces impies ? Combien de temps les impies vont-ils triompher ? » (Psaume 94,3). Entends les cris de souffrance des plus vulnérables, et délivre-nous des pharaons des temps modernes, délivre-nous de tous ceux qui font du mal à tes créatures. Là où l’injustice domine, viens faire régner ta justice et ta droiture. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

La semaine dernière a eu lieu le deuxième anniversaire de la mort d'Aaron Bushnell, un militaire de 25 ans de l'US Air Force qui s’est immolé par le feu devant l'ambassade d'Israël à Washington, D.C., pour protester contre le soutien des États-Unis à l’État d’Israël dans sa guerre contre Gaza. Il déclarait refuser toute complicité avec des actes de génocide. Malheureusement, deux ans après sa mort, rien n’a changé : les crimes de guerre, la famine et l'oppression continuent d’être imposés à des populations entières, en Palestine et dans de nombreuses autres régions de ce monde.

Dieu saint, en ce temps de Carême la fragilité de notre condition humaine nous est rappelée plus que jamais. Aide-nous à nous souvenir, dans notre humilité, de tous ceux qui sont morts pour avoir osé dire la vérité au pouvoir, et de tous ceux que les armes et les bombes des empires ont réduits en poussière. Assiste-nous dans notre témoignage, afin que nous ne craignions pas la mort mais que nous attendions la mort du désespoir, de l'oppression et de toute souffrance. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

La semaine dernière, au milieu des ruines de Gaza, des Palestiniens ont trouvé un peu de répit dans leurs souffrances en participant à un iftar communautaire -le repas pris au coucher du soleil par les musulmans pendant le jeûne du mois de Ramadan- qui avait été organisé pour des centaines d'orphelins à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. Nombre d’enfants qui ont pris part à cet iftar avaient été déplacés de force à plusieurs reprises et vivent aujourd’hui sous des tentes, dans des bâtiments endommagés ou des abris surpeuplés.

Christ d’amour, nous nous souvenons de tes paroles : « Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car, je vous le dis, aux cieux leurs anges se tiennent sans cesse en présence de mon Père qui est aux cieux » (Matthieu 18, 10). Nous te confions les enfants qui ont tout perdu à Gaza : leur foyer, leur famille, et même leur enfance. Accorde-leur ton amour et ta protection, et donne-nous le courage et la force de bâtir un monde où les enfants pourront vivre librement, dans la joie et la dignité. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

Vague de prière pour le jeudi 26 février 2026

Le « Conseil de la Paix » a tenu sa première réunion et a dévoilé son plan colonial de plusieurs milliards de dollars pour Gaza, suscitant les critiques à la fois d'organisations de défense des droits humains et de responsables religieux tels le Patriarcat latin de Jérusalem. Le cardinal Pierbattista Pizzaballa a déclaré que le Conseil de la Paix est « une opération colonialiste dans laquelle d'autres décident à la place des Palestiniens ».

Dieu saint, nous déplorons les politiques colonialistes et la tromperie des empires. En ce temps de Carême, libère-nous des péchés si humains d’avidité et de domination, et aide-nous à être des témoins honnêtes et prophétiques de toutes les injustices qui sont commises à Gaza et en tant d’autres endroits de ce monde. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

Le Carême orthodoxe a débuté le 23 février, et jeudi dernier Sabeel a célébré son premier office de Carême avec Lamma Mansour comme intervenante et le révérend Naïm Ateek comme hôte. La rediffusion de l’office du jeudi est accessible chaque semaine à travers le bulletin d’information de Sabeel Jérusalem (en anglais). Il est possible de s’y abonner par ce lien : tinyurl.com/sabeelnewsletter . Et ceux qui voudraient s’inscrire à l’office du jeudi peuvent le faire par le lien suivant : tinyurl.com/sabeelworship .

Emmanuel, en ce temps de Carême, rappelle-nous que tu n'as pas fui notre fragilité humaine. Tout au contraire, tu t’es engagé sur le chemin de la croix en solidarité avec nous tous, et tu as accepté d’être persécuté et crucifié. Aide-nous, par notre jeûne et nos méditations, à nous souvenir des opprimés et à vivre vraiment comme tes disciples. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

Selon une étude de terrain récemment publiée par la revue scientifique The Lancet Global Health, ce sont plus de 75 000 personnes qui ont été tuées durant les seize premiers mois de l'offensive génocidaire menée par Israël dans la bande de Gaza, un chiffre largement supérieur à celui qui a été communiqué par les autorités sanitaires du territoire. Selon les auteurs de cette étude, il y a eu 75 200 « morts violentes » de Palestiniens dans la bande de Gaza rien qu’entre le 7 octobre 2023 et le 5 janvier 2025, et 56% de ces morts étaient des femmes, des enfants et des personnes âgées. Les autorités sanitaires de Gaza de leur côté font état d'un bilan actuel de plus de 72 000 morts dus à l'offensive israélienne, un chiffre que les autorités israéliennes ont récemment reconnu comme étant exact après avoir refusé de le reconnaître pendant plus de deux ans.

Créateur divin, tu nous as tous créés à ton image et tu nous soutiens tous par ton amour. Nous te confions toutes les vies qui ont été fauchées avec violence dans la bande de Gaza et te remettons leurs familles et leurs proches qui continuent de souffrir. Aide-nous à mieux témoigner de la souffrance qui continue à régner à Gaza et, ce faisant, à en rechercher les responsables et à veiller que justice soit rendue aux opprimés. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

Vague de prière pour le jeudi 19 février 2026

Cette année, le ramadan et le carême commencent la même semaine : le ramadan le 17 et le carême le 18 février. En Palestine, l’un comme l’autre est vécu à travers toute une série de traditions particulières voire uniques mais, comme chaque année, les croyants palestiniens, tant musulmans que chrétiens, sont confrontés à toute une série de restrictions et de barrières qui les empêchent, les uns comme les autres, de pouvoir accéder librement à leurs lieux de culte.

Ô Messie crucifié, aide-nous tout au long de ce temps de Carême à méditer ce que signifie la croix et, ce faisant, à nous accrocher à l’espoir de la résurrection, même dans un contexte d’affliction écrasante. Permets également à nos frères et sœurs musulmans de vivre un Ramadan paisible. Que leur liberté de culte et leur dignité soient respectées ! Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

La semaine dernière, le cabinet de sécurité israélien a approuvé toute une série de mesures visant à renforcer le contrôle israélien sur la Cisjordanie occupée. Parmi ces mesures figurent la levée de l'interdiction de vente de terres de Cisjordanie à des Juifs israéliens, la déclassification des registres fonciers de Cisjordanie afin de faciliter l'acquisition de terres palestiniennes, le transfert aux autorités israéliennes de la planification des constructions sur les sites religieux et d’autres lieux sensibles de la ville d'Hébron, où la situation a toujours été tendue, et l'autorisation pour Israël d'appliquer ses propres réglementations environnementales et archéologiques dans les zones administrées par les Palestiniens. Le bureau du ministre des Finances d'extrême droite Bezalel Smotrich a déclaré dans un communiqué que ces décisions permettront aux colons juifs de contraindre plus facilement les Palestiniens à céder leurs terres, ajoutant : « Nous continuerons à enterrer l'idée même d'un État palestinien ».

Dieu des opprimés, nous rejetons les décisions injustes et l'arrogance d'empire qui ont entraîné la perte de tant de vies et la destruction de tant de foyers. Aide-nous à surmonter les péchés de racisme et d'apartheid qui ont permis à de telles politiques de violence de devenir la norme. Alors que tu manifestes ta présence à ceux qui souffrent aujourd’hui en Cisjordanie, touche aussi nos cœurs afin que nous osions nous mettre en mouvement pour agir. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

La semaine dernière, la Haute Cour de justice britannique a jugé illégale la décision prise l'été dernier par le gouvernement d'interdire le groupe militant Palestine Action au prétexte qu’il était une organisation terroriste. Même si l'interdiction reste en vigueur en attendant que le gouvernement interjette appel, cette décision marque une victoire majeure pour tous les militants et défenseurs des libertés civiles. Depuis que le gouvernement avait interdit Palestine Action en qualifiant le mouvement d'organisation terroriste, plus de 3 000 personnes, dont beaucoup sont des retraités ou des personnes âgées, ont été arrêtées lors de manifestations de solidarité pour avoir brandi des pancartes soutenant Palestine Action.

Dieu saint, nous sommes reconnaissants pour les nombreux manifestants et militants qui, à l'instar de la veuve persévérante devant le juge injuste, luttent sans relâche contre l'injustice. Accorde-nous l’inspiration et le courage du Saint-Esprit pour que, tous, nous puissions suivre leur exemple comme une seule grande famille humaine, et nous joindre de manière créative et avec persévérance au grand mouvement de libération. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

Les Chrétiens et la Palestine. Déconstruire une lecture sioniste de la Bible.

Les chrétiens et la Palestine. Déconstruire une lecture sioniste de la Bible. Conférence de Danielle Vergniol, AG ADSF 20250906

Avant de commencer…

Pour aborder ce sujet difficile et délicat, je me suis avant tout replongée dans la recherche de la compréhension des mots, et l’exégèse de certains textes bibliques qui m’empêchent, personnellement, de « tomber » dans une lecture dite « sioniste » de la Bible. Je précise aussi que je trouve parfois lamentable les raccourcis qui font confondre pour certains « antisionisme » et « antisémitisme ». Dans les propos que je vais partager, il ne s’agit nullement d’être « anti » quoi que ce soit. Il s’agit plutôt de réfléchir, de revoir comment on peut se tromper, comment on peut mettre en doute la parole d’autrui, comment on doit, jour après jour, année après année, voire siècle après siècle, repenser le sens des termes que nous employons… C’est pourquoi, même si c’est superflu pour certains auditeurs/auditrices ou lectrices/lecteurs, j’ai voulu rappeler le sens et l’histoire de certains termes, pour nous permettre, si possible, de comprendre les différents courants qui ont émané de la lecture de la Bible, à différentes époques et dans différents milieux. Je ne prétends pas arriver à une conclusion, je voudrais seulement que nous puissions, par ces quelques pistes, réflexions et reprises de certains textes, approfondir notre analyse et nous permettre d’entrer en débat les uns avec les autres, et en particulier avec ceux qui, de mon point de vue, suivent aveuglément quelques versets bibliques pour défendre telle ou telle action politique, voire militaire.

Les chrétiens et la Palestine : Déconstruire une lecture sioniste de la Bible.

Exégèse du titre proposé pour cette conférence.

Le titre choisi pour notre réflexion est paradoxal… Pourquoi ? Nous allons le découvrir -j’espère- petit à petit en décortiquant les mots et les idées autour de cette thématique : à la fois « sionisme » et « lecture », « Bible », « chrétiens » et « Palestine ».

Disons d’emblée que la Bible n’est pas la propriété des chrétiens, le premier et le second testament appartiennent à l’humanité tout entière, même si à l’origine, oui, le premier testament est la Bible des Juifs, le second raconte l’histoire qui a mené au christianisme, lequel a gardé la lecture de l’ancien testament, comme on dit encore parfois.

Ma vision de Jérusalem.

J’ai fait de nombreux séjours en Israël-Palestine, le plus long mais surtout le plus vivant a été mon engagement à l’appel du Conseil Œcuménique des Églises, dans le cadre du « Programme d’accompagnement œcuménique en Palestine et Israël » (EAPPI) à Hébron pendant trois mois. Cela m’a permis une immersion dans la vie quotidienne mais également une lecture-relecture quotidienne des Écritures. Un psaume en particulier m’a accompagnée, le psaume 24 tel qu’on le chantait dans l’Église réformée de France : « La terre au Seigneur appartient, La terre et tout ce qu’elle contient ». Ceci pour dire que, quelle que soit la beauté de Jérusalem et de ses vestiges, malgré tous les enjeux auxquels elle a à faire face, elle n’est qu’une ville qui a eu ses heures de gloire dont on peut -on doit ?- se souvenir avec humilité, passion ou tristesse, mais pas davantage, si l’on croit que Christ est ressuscité et qu’il a envoyé ses disciples prêcher jusqu’aux extrémités de la terre.

Rappel des origines du sionisme

Sionisme chrétien : c’est un terme relativement nouveau en français. Pour les personnes un peu éloignées de la pratique religieuse quelle qu’elle soit, le terme de « sionisme chrétien » n’évoque pas grand-chose, voire rien du tout. En revanche, ces personnes ont peut-être entendu le terme « zionism » en anglais… Cela s’explique par les origines du sionisme sur lesquelles je vous propose de revenir un instant.

« Sionisme » : le terme apparaît au XIXème siècle avec le travail de Theodor Herzl, considéré comme le père du sionisme politique, même si la tendance existait bien avant. Qui est-il ? Ce qu’on pourrait appeler un « juif intégré », pas religieux, au point d’envisager, dans ses réflexions, la conversion des juifs au christianisme et même de considérer l’idée d’un « retour » en Palestine comme un mythe ridicule. Ce n’est qu’après l’affaire Dreyfus (alors journaliste, il était correspondant en France du quotidien viennois Neue Freie Presse), qu’il prend conscience -en quelque sorte- que l’unique solution aux problèmes d’émancipation du peuple juif et de l’antisémitisme est la création d’un État indépendant. En 1896, il publie un ouvrage rassemblant ses idées : « Der Judenstaat » (L’État Juif), puis il publie Altneuland (Vieille Terre Nouvelle) et devient alors contre toute attente un des principaux leaders sionistes de la fin du XIXème siècle.

Au début, le sionisme ne vise pas forcément la Palestine comme terre de « retour » des Juifs dispersés dans le monde. Plusieurs lieux ont été envisagés : l’Argentine, l’Ouganda, Madagascar… Signe que le sionisme du XIXème siècle est bien politique avant d’être religieux. Que le terme évoque une des sept collines de la Jérusalem terrestre, et en soit même arrivé à désigner Jérusalem, cela reste secondaire pour bien des Juifs, qui n’ont pas forcément envie de quitter l’environnement dans lequel ils vivent ici ou là depuis plusieurs générations, bien loin de la terre de leurs ancêtres. On dit même que pas mal d’entre eux ont finalement préféré émigrer aux États-Unis plutôt qu’en Palestine…

En fait, ce serait des chrétiens qui auraient d’abord salué et approuvé l’initiative sioniste pour des raisons basées sur une lecture des textes bibliques courante chez les évangéliques et remontant jusqu’au moyen-âge… J’y reviendrai et je vous proposerai quelques lectures bibliques, pour l’instant disons seulement que très anciennement, des chrétiens ont sélectionné les versets bibliques qui mettaient en avant la nécessité du retour de tous les Juifs vers Jérusalem et la Palestine, condition sine qua non du retour annoncé du Christ et Messie Jésus sur notre terre.

Palestine

« Palestine » désigne ce qu’on appelait le pays de Canaan, dans lequel se trouvaient les royaumes d’Israël et de Juda. Ce n’est pas avant le 5ème siècle avant Jésus-Christ qu’on trouve le nom de « Palestine » dans un document écrit, les Histoires d’Hérodote (historien grec). C’est après lui que le terme « Palestine » fut utilisé pour désigner l’ensemble de la région anciennement connue sous le nom de Canaan.

D’où vient le nom ? Les origines du mot Palestine ont été discutées depuis longtemps sans qu’aucune certitude n’en soit sortie… Le nom serait dérivé d’un mot égyptien et hébreu peleshet, qu’on peut traduire par « roulant » ou « migratoire », et qui renvoie aux Philistins, qui ont conquis au 12ème siècle avant notre ère la plaine côtière méditerranéenne qui est aujourd’hui Israël et Gaza. Il y a aussi un dieu nommé Palès qui pourrait être une origine, mais nous ne nous attarderons pas là-dessus aujourd’hui. Retenons simplement que, d’après les archéologues, la région de Palestine est l’un des plus anciens sites d’habitation humaine au monde, environ 10 000 ans avant JC. Et il faudra relire les livres de Josué et peut-être des Nombres pour entendre parler de la conquête de Canaan par le peuple d’Israël (vers 1250-1200 avant JC).

Vague de prière pour le jeudi 12 février 2026

L’administration Trump a récemment imposé des sanctions pour « terrorisme » à Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale des Nations Unies pour la Palestine, et ce malgré son immunité diplomatique. Cette décision fait suite à un rapport de l’ONU dans lequel Mme Albanese désignait plusieurs entreprises privées américaines comme ayant contribué à de graves violations des droits humains dans la bande de Gaza et en Cisjordanie et exhortait la Cour pénale internationale à enquêter. Son rapport et ses lettres ont tellement alarmé les entreprises américaines que deux d’entre elles au moins ont sollicité l’aide de la Maison-Blanche. Outre Mme Albanese, l’administration Trump a déjà sanctionné l’année dernière huit juges et trois procureurs de la Cour pénale internationale.

Dieu des opprimés, nous te remercions pour la voix courageuse et prophétique de Francesca Albanese, qui a contribué à révéler au monde l'imbrication des structures d'oppression. Sois avec Francesca et tous les défenseurs des droits humains et tous les militants qui refusent de renoncer à la justice et à la responsabilisation. Donne-nous à tous le même courage de dire la vérité et de lutter contre l'injustice. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

La semaine dernière, les forces israéliennes ont arrêté deux journalistes, deux militants de la solidarité internationale et Rateb al-Jbour, un militant palestinien anti-colonisation, dans le quartier de Rujum al-Aala à Masafer Yatta, au sud d'Hébron, alors qu'ils filmaient une agression perpétrée par des colons illégaux. Des habitants ont signalé une intensification des attaques ces derniers jours, attaques qui ont fait des blessés parmi les femmes et les enfants, endommagé des habitations et des biens, détruit des récoltes et empêché des familles d'accéder à leurs terres agricoles et à leurs pâturages.

Christ Rédempteur, nous nous souvenons de ton arrestation, des moqueries et des mauvais traitements que tu as subis pour avoir dénoncé les abus de pouvoir et pour avoir osé affronter l'empire de ton époque. Assure à tous ceux qui résistent à la brutalité de l'occupation et aux violences des colons en Cisjordanie que tu les vois et que tu les délivreras de l’oppression. Face à une telle violence, donne-nous la force de poursuivre le combat en faveur de ce qui est bien et juste. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.

Les États-Unis ont discrètement expulsé vers la Cisjordanie occupée, à bord d'un jet privé appartenant à un magnat israélo-américain de l'immobilier, des Palestiniens qui avaient été arrêtés par leur police de l’immigration (ICE : Immigration and Customs Enforcement / Service de l’immigration et des douanes). Deux vols de ce type ont eu lieu depuis le début de l'année en coordination avec les autorités israéliennes. Le 20 janvier, huit Palestiniens enchaînés aux poignets et aux chevilles durant tout le trajet ont ainsi été transportés par avion depuis un centre de détention de l'ICE à Phoenix, dans l’Arizona. À leur arrivée à l'aéroport Ben Gourion de Tel Aviv, ils ont été mis dans un véhicule avec un policier israélien armé, puis relâchés à un poste de contrôle militaire près de la ville palestinienne de Ni'lin, en Cisjordanie.

Dieu de bonté, nous sommes accablés par les agissements des empires. Sois avec tous ceux qui sont détenus et maltraités par ce système injuste, et accorde-leur ta guérison et ta protection. Face à ces péchés systémiques, aide-nous à lutter avec créativité et persévérance en faveur de tous les opprimés. Seigneur, dans ta miséricorde, entends notre prière.