mardi 31 mai 2016

COMMUNIQUE



Chers amis,
Le livre de témoignage de la Palestinienne Jean Zaru que nous avons traduit est paru aux éditions Riveneuve, sous le titre « Occupés, mais Non-Violents ». Vous trouverez ci-dessous le texte de la préface. Son prix est de 15 €. Je peux vous l’adresser contre un chèque de 19 €,  à l’ordre des Amis de Sabeel France, compte tenu du coût d’expédition par la poste.
Fraternellement, Fred Lucas.
                             
Voici mon adresse :
9 rue Henri Prou
78340  Les Clayes sous Bois         Tél. 01 30 55 36 17

PRÉFACE                                                                                                                                            Voici un livre-témoignage sur la vie en Palestine occupée, dont le poids et la crédibilité se fondent sur la fidélité de l’auteur à des valeurs de paix, de justice et d’amour pour tous les hommes en référence aux enseignements du Christ. Jamais Jean Zaru ne se laisse aller à des mouvements de haine, jamais elle n’accepte le recours à la violence. Ce livre est un plaidoyer pour la justice, une justice qu’elle nous montre bafouée depuis la guerre de 1948 et plus encore depuis la guerre de 1967 et l’occupation.     
Jean Zaru s’affirme, dans l’ordre, comme palestinienne, femme palestinienne, femme chrétienne palestinienne… et aussi comme quaker et pacifiste. Elle appartient à un peuple dont la moitié des membres  ont été déracinés et expulsés de leurs maisons,  d’un peuple en quête d’égalité, de justice et de liberté… Si elle milite pour la justice à l’égard de son peuple, elle milite aussi pour l’égalité entre les femmes et les hommes dans ce peuple où les filles ne bénéficient  ni des mêmes droits ni de la même considération que les hommes. Chrétienne, elle souffre de la division des Églises en Terre Sainte et s’insurge contre la prétention de certaines Églises occidentales à y exercer une sorte d’hégémonie ; militante chrétienne, elle est membre fondatrice du mouvement œcuménique de théologie de la libération Sabeel qui œuvre pour la justice, la paix et la réconciliation. Chrétienne, elle se fait un devoir de contester ceux qui invoquent la Bible pour justifier l’expropriation de son peuple. À Ramallah (la colline de Dieu), dans un environnement musulman, le “dialogue interreligieux” n’était pas, dit-elle, “quelque chose à part, ne se passait pas autour d’une table. C’était tout simplement notre façon de vivre.”
Agée de neuf ans en 1948, Jean Zaru a vécu dans sa chair toutes les péripéties du conflit depuis 1948 : l’accueil à Ramallah des réfugiés expulsés des villes et des villages de la côte, plus tard les affres de la guerre de 1967, puis les souffrances de l’occupation, la première puis la deuxième intifada. Jean Zaru nous fait entrer de plain-pied dans le quotidien des gens avec les vexations et les contraintes quotidiennes, les fréquentes brutalités subies. Il ne s’agit pas d’un discours politique mais d’un tableau des souffrances engendrées par une politique d’occupation et de colonisation qui se développe au mépris du droit international et des résolutions des Nations Unies.…  avec quelquefois ses dimensions tragiques comme la disparition de son frère aîné en 1976 au cours de la guerre du Liban.                 
Militante œcuménique, elle a beaucoup voyagé dans le cadre de ses responsabilités au Conseil œcuménique des Églises et à la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix. Tous ces voyages étaient l’occasion de tracasseries multiples, de « coûteux péages »,  dit-elle, de la part des autorités israéliennes d’occupation.                                                                                                                      
 Ce livre nous interpelle, nous autres occidentaux qui soutenons par notre complicité ou par notre passivité la politique israélienne d’occupation et de colonisation. Le message final du synode des évêques du Moyen-Orient (2010) est plus que jamais d’actualité : « Nous avons eu conscience de l’impact du conflit israélo-palestinien sur toute la région, surtout sur le peuple palestinien, qui souffre des conséquences de l’occupation israélienne : le manque de liberté de mouvement, le mur de séparation et les barrières militaires, les prisonniers politiques, la démolition des maisons, la perturbation de la vie économique et sociale et les milliers de réfugiés. Nous avons aussi réfléchi sur la souffrance et l’insécurité dans lesquelles vivent les Israéliens. Nous avons médité sur la situation de la ville sainte de Jérusalem. Nous sommes préoccupés des initiatives unilatérales qui risquent de changer sa démographie et son statut. Face à tout cela, nous voyons qu’une paix juste et définitive est l’unique moyen de salut pour tous, pour le bien de la région et de ses peuples.” Les évêques ne sont pas les seuls à considérer que le conflit est une menace pour la paix mondiale. A la même époque, le général américain Petraeus lui-même, qui dirigeait les opérations militaires en Afghanistan déclarait : «La colère arabe à propos de la situation en Palestine limite la profondeur et la solidité des partenariats entre les États-Unis et les gouvernements et les populations de la région». En réalité, c’est aux Occidentaux en général que les populations arabes reprochent de soutenir ou de couvrir une situation injuste.
Aux accusations du vice-ministre israélien des affaires étrangères Danny Ayalon qui déclarait : «Cet important Synode est devenu une tribune pour des attaques politiques contre Israël dans la plus belle tradition de la propagande arabe »,  le cardinal Tauran, ancien chef de la diplomatie vaticane répond : «Cette réaction n’est pas nouvelle. Le conflit israélo-palestinien, non résolu, est la mère de toutes les crises. Tant qu’il ne sera pas résolu, la paix ne reviendra pas. On ne peut pas parler du Moyen-Orient sans parler de cette crise non résolue.» (La Croix du 26 octobre 2010)
Plus récemment, le patriarche cardinal libanais Bechara Rai en évoquant les violences qui secouent actuellement le Moyen Orient déclarait devant l’ambassadeur de France au Liban, à l’occasion de la messe traditionnelle aux intentions de la France le 6 avril 2015 : “Mais c’est principalement sur le conflit israélo-palestinien que sont venus se nourrir tous les intégrismes violents avec une haine vis-à-vis de l’Occident. Monsieur l’ambassadeur, il est grand temps de rendre justice au peuple palestinien et d’aider sans équivoque à la construction, dans notre région, d’États justes, compétents et au service de leurs peuples”. Quelques jours plus tard dans une conférence à l’Unesco le 25 avril, parlant des moyens de sauvegarder la présence chrétienne au Moyen Orient, il demandait de : “Résoudre d’abord le conflit israélo-palestinien et israélo-arabe qui est à l’origine de tous les conflits et guerres qui embrasent le Moyen-Orient. Il y a déjà des résolutions du Conseil de Sécurité à respecter, et d’autres à prendre”.                                                                            
Ce qui est inquiétant, c’est qu’au fil du temps la situation a évolué sans évoluer. Entre les opérations  militaires destructrices menées par Israël, les attaques du Hamas et les tentatives du gouvernement palestinien d’obtenir une reconnaissance internationale, le quotidien du peuple de Palestine, des habitants de la bande de Gaza en particulier, reste toujours marqué par  l’accumulation de contraintes fortes, par un horizon sans espérance, par la révolte des cœurs. La situation, telle que nous la décrit Jean Zaru, nous appelle à la protestation contre le manque de respect des personnes et de la dignité d’un peuple, mais aussi à notre maintien en éveil et à notre solidarité concrète. Quels actes saurons-nous poser pour manifester cette solidarité ? Avec quelle force allons-nous interpeller nos responsables politiques, religieux… ?     
Marc Stenger, évêque de Troyes, Président de Pax Christi France.                                      Jean-Arnold de Clermont, ancien Président de la Fédération Protestante de France.                    Ghaleb Bencheikh, Président de la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix.

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